Quels sont les différents types de feu et comment les éteindre ?”
24/06/2025Acteurs de la sécurité au travail en suisse : Suva, SECO, CFST/EKAS et inspections cantonales
30/08/2025Table des matières
Introduction : Pourquoi la conformité CFST 6508 est incontournable
La directive CFST 6508 impose à de nombreuses entreprises la mise en place d’un système de sécurité structuré et vérifiable. Ce texte légal oblige les employeurs à garantir la santé et la sécurité de leurs collaborateurs via une organisation documentée, conforme et proactive. Dès que l’entreprise emploie 10 personnes ou présente un ou plusieurs dangers particuliers (chimiques, mécaniques, thermiques…), elle est tenue de se conformer à cette exigence.
Se conformer à la CFST 6508 ne consiste pas seulement à éviter une sanction ou répondre à une obligation administrative. Il s’agit avant tout de prévenir efficacement les risques professionnels, de renforcer la culture sécurité et de protéger les personnes et les activités. Les bénéfices sont concrets : réduction des incidents, amélioration du climat de travail, renforcement de la réputation et anticipation des inspections.
La directive s’appuie sur un référentiel précis : le système MSST, qui repose sur 10 éléments clés. Ces piliers permettent d’organiser, planifier, impliquer et corriger de manière structurée toutes les actions de sécurité. Ce guide vous explique, étape par étape, comment comprendre et appliquer ces exigences dans votre entreprise. Vous y trouverez des exemples concrets, des conseils pratiques et une méthode éprouvée pour instaurer une conformité durable et efficace.
Comprendre la directive CFST 6508 et le système MSST
Origine et portée de la directive
La directive CFST 6508, édictée par la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail, est l’un des textes fondamentaux du droit suisse en matière de prévention des risques professionnels. Elle oblige les entreprises à intégrer dans leur fonctionnement un système structuré de gestion de la santé et sécurité au travail (MSST) fondé sur le principe de proportionnalité : les moyens engagés doivent être adaptés à la taille de l’entreprise et aux dangers encourus.
Concrètement, la directive rend opérationnelle une démarche proactive et traçable qui couvre tout le cycle de prévention :
- Évaluer les risques de façon structurée (situations dangereuses, opérations non routinières, sous-traitants).
- Planifier et documenter des mesures techniques, organisationnelles et humaines avec responsables et échéances.
- Former et habiliter les collaborateurs exposés (y compris recyclages).
- Piloter et mesurer via des indicateurs, audits internes et revues de direction.
- Prouver la maîtrise par un dossier MSST à jour (évaluations, plans d’action, registres, procédures).
- Améliorer en continu grâce aux retours d’expérience et aux contrôles des autorités.
La directive prévoit aussi de faire appel à des spécialistes (médecin du travail et spécialiste de la sécurité) lorsque les dangers sont particuliers ou que les compétences internes ne suffisent pas (nouvelle ligne de production, procédés complexes, événements répétés, multi-sites, etc.). Elle s’applique à tous les employeurs, quels que soient le secteur et la taille, et s’articule avec l’exécution assurée en Suisse par la Suva, les inspections cantonales et le SECO.
L’objectif est double : protéger la santé des travailleurs et garantir la conformité aux obligations légales. En se fondant sur les principes de la directive, le système MSST installe une culture de sécurité qui dépasse les gestes techniques pour devenir un levier stratégique de performance (réduction de l’absentéisme, fiabilité opérationnelle, attractivité et confiance des partenaires).
Pour situer votre entreprise dans l’écosystème suisse et préparer vos contrôles, consultez notre guide 2025 des acteurs de la sécurité au travail en Suisse (Suva, SECO, CFST/EKAS, inspections cantonales).
Quelles entreprises sont concernées
La directive s’applique à toutes les entreprises actives en Suisse qui répondent à l’un des critères suivants :
- elles comptent 10 collaborateurs ou plus,
- elles sont exposées à un ou plusieurs dangers particuliers identifiés dans l’annexe 1 de la directive (produits chimiques, explosion, rayonnement, machines, etc.),
- elles disposent de plusieurs sites ou sont organisées de manière complexe.
Cela signifie que de nombreuses PME romandes sont concernées, y compris dans les secteurs de l’industrie, du bâtiment, de la logistique, de la santé, de l’éducation ou de l’administration publique. Dès lors que l’une de ces conditions est remplie, l’entreprise doit mettre en place un système conforme et documenté, appelé système MSST.
Zoom sur les solutions : interentreprise, individuelle, modèle subsidiaire
Pour répondre à cette obligation, trois solutions sont possibles :
- La solution interentreprise : souvent portée par une association professionnelle ou une branche, elle propose un cadre mutualisé, reconnu par la CFST. Elle inclut des outils partagés (manuels, check-lists, procédures) et permet aux PME de bénéficier d’un accompagnement allégé.
- La solution individuelle : l’entreprise construit son propre système MSST, sur mesure, avec le concours de spécialistes externes qualifiés (ingénieur sécurité, hygiéniste, médecin du travail). Cette solution offre plus de souplesse mais demande plus de ressources.
- Le modèle subsidiaire : destiné aux petites structures soumises à des dangers particuliers mais sans complexité organisationnelle. Il permet de répondre aux exigences de manière simplifiée, à condition de documenter chaque mesure et de prouver l’adéquation des actions menées.
Chaque solution implique un niveau de responsabilité précis, mais toutes ont pour point commun de structurer l’organisation de la sécurité selon les 10 éléments du système MSST.
Les 10 éléments du système MSST : mise en œuvre concrète
Élément 1 – Définir les principes directeurs et objectifs sécurité
Tout commence par une ligne claire : les principes directeurs en matière de sécurité doivent être formulés par la direction et portés officiellement. Ces principes expriment l’engagement de l’entreprise en faveur de la santé et sécurité au travail. Ils servent de fondement aux actions concrètes à venir et permettent d’orienter toutes les décisions.
Les objectifs sécurité, quant à eux, doivent être mesurables, réalistes et révisés régulièrement. Il peut s’agir de réduire le nombre d’incidents, d’augmenter le taux de participation aux formations ou de traiter 100 % des non-conformités identifiées. L’essentiel est d’inscrire ces objectifs dans une dynamique d’amélioration continue et de les partager avec les équipes. Un bon plan d’action sécurité démarre toujours par une intention forte, traduite par écrit.
Élément 2 – Organiser la sécurité au travail
La sécurité ne peut être effective que si les responsabilités sont claires. Cet élément impose à l’employeur de définir précisément qui fait quoi en matière de sécurité au sein de l’entreprise. Il s’agit d’identifier les personnes clés : coordinateur SST, chef d’équipe, responsable formation, ou encore intervenants externes agréés.
Chaque acteur doit connaître ses rôles, ses limites d’action, ses compétences requises. Cette organisation peut être formalisée dans un organigramme sécurité ou un tableau de répartition des responsabilités. En parallèle, il est essentiel de mettre en place une procédure de délégation et de suivi pour s’assurer que chacun agit dans son périmètre, en lien avec les objectifs fixés.
Une bonne organisation de la sécurité repose également sur la fluidité des échanges : les circuits de remontée d’information doivent être connus, simples et rapides pour permettre une réactivité maximale en cas d’incident.
Élément 3 – Identifier et évaluer les risques professionnels
Cette étape est le socle de toute démarche de prévention. Il s’agit ici d’identifier les dangers réels ou potentiels présents dans l’environnement de travail, en analysant les postes, les équipements, les substances utilisées, les flux de circulation ou encore les gestes répétitifs.
Une méthode courante consiste à utiliser une matrice de cotation des risques, croisant la probabilité d’occurrence avec la gravité potentielle des conséquences. Chaque risque est alors classé par niveau de priorité. Cette évaluation doit être documentée, mise à jour régulièrement et intégrée dans un registre des risques.
L’analyse doit être participative : impliquer les collaborateurs permet de repérer des dangers souvent invisibles sur le papier mais bien réels sur le terrain. Elle doit également tenir compte des événements passés (presque-accidents, incidents, non-conformités) pour anticiper les situations critiques. Plus l’évaluation est rigoureuse, plus les mesures qui en découlent seront pertinentes et efficaces.
Élément 4 – Planifier les mesures de sécurité
Une fois les risques identifiés, il est indispensable de planifier des mesures de prévention concrètes. Cette planification consiste à définir pour chaque risque les actions à entreprendre, leur responsable, les ressources nécessaires et les délais de mise en œuvre.
Les mesures peuvent être techniques (isolation, ventilation, signalisation), organisationnelles (modification de procédure, planning de maintenance) ou humaines (formation, sensibilisation, accompagnement). L’important est de prioriser les actions selon le niveau de criticité des risques.
Un outil souvent utilisé est le plan d’action sécurité, sous forme de tableau de suivi. Il permet de centraliser l’ensemble des mesures, d’en assurer la traçabilité, et de garantir que rien ne reste sans réponse. La planification est une étape-clé qui transforme l’évaluation des risques en stratégie opérationnelle.
Élément 5 – Mettre en œuvre les mesures définies
Planifier ne suffit pas : les mesures décidées doivent être effectivement appliquées sur le terrain. Cette mise en œuvre implique une coordination rigoureuse entre les différents services concernés (technique, RH, logistique, production…).
Chaque action doit être accompagnée d’une documentation adaptée : consignes de sécurité, modes opératoires, fiches de poste, protocoles d’urgence. Il est également nécessaire de s’assurer que les équipements ou dispositifs prévus (EPI, extincteurs, affichage) sont bien disponibles et utilisés.
La réussite de cette étape repose sur la capacité à intégrer les mesures dans les processus existants de l’entreprise, sans alourdir inutilement les routines de travail. Des visites de contrôle internes permettent de vérifier la bonne application et d’apporter rapidement des ajustements si besoin. La sécurité doit devenir un réflexe quotidien, visible dans les actes et dans l’organisation.
Élément 6 – Former et informer les collaborateurs
La sécurité au travail repose sur des comportements appropriés. Pour cela, les collaborateurs doivent être formés régulièrement, en fonction des risques liés à leur activité et de leurs responsabilités. Il peut s’agir de formations générales (secourisme, incendie, évacuation) ou spécifiques (produits dangereux, gestes et postures, interventions en hauteur).
Ces formations doivent être planifiées, suivies et validées par des attestations ou des certificats, notamment lorsque la législation l’impose. L’information, quant à elle, passe par des supports visuels, des briefings sécurité, des rappels réguliers ou des affichages clairs.
La directive CFST 6508 insiste sur la nécessité de rendre les collaborateurs acteurs de leur sécurité. Une formation bien conçue et adaptée au terrain est un levier puissant pour réduire les comportements à risque et renforcer la vigilance collective. C’est aussi une preuve de l’engagement de l’entreprise envers ses équipes.
Pour approfondir la formation des personnes en charge de la sécurité, la formation PERCO est spécialement conçue pour garantir le respect des obligations MSST et renforcer la prévention au quotidien.
Élément 7 – Documenter les actions entreprises
Chaque action en matière de sécurité doit pouvoir être tracée. La directive impose une documentation rigoureuse : décisions prises, mesures appliquées, formations suivies, contrôles réalisés… L’objectif est de garantir la transparence et la capacité à prouver la conformité en cas d’inspection ou d’accident.
Cette documentation peut prendre différentes formes : registre de sécurité, plan d’action mis à jour, comptes-rendus de réunion, feuilles de présence, certificats de formation, rapports d’audit. Elle doit être accessible aux personnes concernées et conservée selon une logique de gestion documentaire claire.
Un bon système de documentation permet aussi de capitaliser sur l’expérience passée et d’assurer la continuité des actions, même en cas de changement de personnel. En matière de sécurité, ce qui n’est pas écrit n’existe pas : c’est la base de toute organisation crédible.
Élément 8 – Impliquer les collaborateurs dans la démarche
La participation active des collaborateurs est un pilier du système MSST. Loin d’être de simples exécutants, ils sont les premiers concernés par les risques et souvent les mieux placés pour identifier des situations à améliorer. Leur implication permet de renforcer la pertinence des actions et de favoriser une adhésion durable.
Cela peut passer par la création d’un comité sécurité, la désignation de référents SST par secteur, ou l’organisation de moments d’échange réguliers (boîte à idées, réunions d’équipe, sondages internes). Il est aussi utile d’intégrer la sécurité dans les entretiens annuels ou les briefings quotidiens.
La directive encourage également la consultation des travailleurs sur les objectifs et les mesures de prévention. Cette approche collaborative développe une véritable culture sécurité, basée sur la confiance, l’écoute et la responsabilité partagée. Une entreprise impliquée est une entreprise plus résiliente.
Élément 9 – Réagir aux incidents, accidents et presque-accidents
Même avec un système de prévention solide, des événements indésirables peuvent survenir. L’entreprise doit alors réagir rapidement, de manière structurée et documentée. Chaque incident ou accident doit faire l’objet d’une analyse approfondie pour identifier les causes et éviter qu’il ne se reproduise.
Il est important de mettre en place un protocole de gestion des urgences : sécurisation des lieux, premiers secours, information des responsables, enregistrement de l’événement. Une fois la situation maîtrisée, une analyse des causes (souvent sous forme d’arbre des causes) permet de comprendre les facteurs humains, techniques et organisationnels impliqués.
Les « presque-accidents », souvent négligés, sont des indicateurs précieux. Ils doivent être signalés et traités avec la même rigueur, car ils révèlent des failles potentielles dans le système. Réagir de manière professionnelle et méthodique, c’est transformer chaque événement en opportunité d’apprentissage.
Élément 10 – Contrôler, corriger et améliorer en continu
Le dernier élément du système MSST instaure une dynamique de progrès permanent. Il s’agit de vérifier régulièrement l’efficacité des mesures de sécurité mises en place, d’identifier les écarts éventuels et de corriger ce qui doit l’être. Cela passe par des audits internes, des inspections terrain, des revues de direction ou des indicateurs de performance SST.
Chaque contrôle doit déboucher sur un plan d’amélioration concret, avec des actions correctives ou préventives. Il est aussi essentiel de suivre l’évolution des risques, des procédés de travail, de la législation ou des retours d’expérience internes et externes.
L’amélioration continue est ce qui distingue une conformité passive d’une sécurité vivante. Elle permet à l’entreprise de rester alignée avec les standards actuels, de gagner en maturité organisationnelle et d’ancrer durablement la culture sécurité dans son ADN.
Focus pratique : comment SafetyFirst vous aide à implémenter le système MSST
Mettre en œuvre les 10 éléments du système MSST peut sembler complexe pour une entreprise qui débute. C’est pourquoi SafetyFirst propose un accompagnement complet, personnalisé et conforme à la directive CFST 6508.
Tout commence par un audit initial MMST réalisé par des spécialistes expérimentés. Cette évaluation permet d’analyser les risques, d’identifier les manquements réglementaires et de dresser un état des lieux clair. Un plan d’action priorisé est ensuite établi, avec des recommandations concrètes pour chaque domaine (organisation, formation, documentation, procédures…).
SafetyFirst propose également des formations certifiées, en premiers secours, incendie, évacuation ou santé mentale, adaptées aux besoins spécifiques de chaque entreprise. Les sessions sont interactives, orientées terrain et conçues pour renforcer les compétences de tous les collaborateurs, du dirigeant à l’opérateur.
Enfin, l’accompagnement se poursuit après la mise en œuvre. L’équipe de SafetyFirst reste disponible pour aider à documenter les actions, à mettre à jour les registres, à organiser les contrôles internes ou à répondre à une inspection des autorités. Grâce à cette approche sur mesure, plus de 300 entreprises romandes ont déjà renforcé leur sécurité et assuré leur conformité.
Conclusion : Vers une culture durable de la sécurité au travail
Respecter la directive CFST 6508, ce n’est pas simplement remplir une obligation. C’est faire le choix stratégique d’investir dans la sécurité humaine, la pérennité de l’entreprise et la confiance des équipes. Grâce à une approche structurée en 10 étapes, le système MSST offre un cadre clair pour organiser, piloter et améliorer en continu la santé et sécurité au travail.
Chaque entreprise peut adapter ce cadre à sa réalité, à condition de s’entourer des bons outils et des bons partenaires. SafetyFirst propose un accompagnement concret, éprouvé et reconnu, pour transformer la conformité en levier de performance.
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