
Obligations légales en matière de sécurité incendie en Suisse en 2026: ce que les entreprises doivent respecter
07/01/2026Table des matières
Un incendie en entreprise est toujours une situation critique où chaque seconde compte. Si les équipements techniques jouent un rôle essentiel, l’expérience montre que ce sont très souvent les erreurs humaines et organisationnelles qui aggravent les conséquences d’un sinistre. Hésitation, manque de formation, consignes mal comprises ou mauvaise coordination interne peuvent transformer un départ de feu maîtrisable en événement aux conséquences graves pour les personnes et l’entreprise.
Pour les responsables sécurité et RH en Suisse, identifier ces erreurs fréquentes est une étape clé afin de mieux les anticiper. Comprendre ce qui se passe réellement lors d’un incendie permet de mettre en place une prévention incendie efficace, adaptée aux obligations légales et à la réalité du terrain.
- Les comportements humains jouent un rôle déterminant lors d’un incendie en entreprise
- La panique, l’improvisation et le manque de préparation augmentent fortement les risques
- L’absence ou l’insuffisance de formation incendie expose les collaborateurs à des décisions dangereuses
- Une évacuation incendie mal gérée peut mettre en danger des vies, même avec des équipements conformes
- Les exercices d’évacuation sont indispensables pour tester et améliorer les procédures
- Des équipements incendie mal utilisés ou mal identifiés perdent toute leur efficacité
- Une mauvaise coordination entre RH, sécurité et management crée de la confusion en situation d’urgence
- Une prévention incendie structurée, pratique et régulière permet de réduire durablement les erreurs et de protéger les personnes
Comprendre pourquoi les erreurs humaines aggravent un incendie en entreprise
Le rôle du comportement humain en situation d’urgence
Lors d’un incendie en entreprise, les dégâts ne sont pas uniquement liés au feu ou à la fumée. Les réactions humaines jouent un rôle déterminant dans l’aggravation ou la maîtrise de la situation. Sous l’effet du stress, de la peur ou de la surprise, les collaborateurs peuvent adopter des comportements inadaptés, même dans des locaux parfaitement équipés.
En l’absence de réflexes acquis par la formation, beaucoup hésitent, cherchent une confirmation avant d’agir ou imitent les réactions des autres sans réfléchir. Cette perte de lucidité peut retarder l’évacuation incendie, augmenter l’exposition aux fumées toxiques et compliquer l’intervention des secours.
Pourquoi la panique et l’improvisation augmentent les risques
La panique collective est l’une des principales causes d’erreurs lors d’un sinistre. Elle entraîne des décisions improvisées comme utiliser un ascenseur, emprunter une issue non sécurisée ou tenter d’éteindre un feu sans connaître les risques. Ces comportements exposent directement les personnes à des dangers graves, notamment les brûlures, l’intoxication ou les chutes.
L’improvisation est souvent le résultat d’une préparation insuffisante. Sans consignes claires, sans entraînement régulier et sans rôles définis, chacun agit selon son intuition. Or, en situation d’urgence, l’intuition est rarement fiable. Une organisation d’urgence structurée permet au contraire de réduire l’incertitude et de guider les actions.
Responsabilités des employeurs et des responsables sécurité en Suisse
En Suisse, l’employeur a une responsabilité légale en matière de protection de la santé et de la sécurité des collaborateurs. Cela inclut la mise en place de mesures de prévention incendie, mais aussi l’information, l’instruction et la formation du personnel.
Les responsables sécurité et RH ont un rôle clé pour anticiper les erreurs humaines. Ils doivent s’assurer que les procédures sont comprises, accessibles et adaptées à la réalité du terrain. La conformité technique seule ne suffit pas. Sans préparation humaine, les dispositifs de sécurité perdent une grande partie de leur efficacité.
Négliger la formation incendie des collaborateurs
Penser que les collaborateurs sauront réagir spontanément
Une erreur fréquente en sécurité incendie en entreprise consiste à croire que le bon sens suffit en cas d’urgence. En réalité, face à un départ de feu, le stress altère fortement la capacité de décision. Sans formation préalable, les collaborateurs hésitent, attendent des consignes ou prennent de mauvaises initiatives.
Réagir efficacement à un incendie ne s’improvise pas. Les bons réflexes doivent être acquis à l’avance, répétés et intégrés. Sans cela, même des personnes expérimentées peuvent adopter des comportements dangereux, comme retarder l’évacuation ou tenter d’éteindre un feu inadapté à leurs moyens.
Limiter la formation à une simple information théorique
Distribuer des consignes écrites ou afficher un plan d’évacuation ne constitue pas une formation suffisante. Une information purement théorique est souvent mal mémorisée et rapidement oubliée. En situation réelle, peu de collaborateurs se souviennent précisément des procédures lues plusieurs mois auparavant.
Une formation incendie efficace doit expliquer clairement les risques, les comportements attendus et les erreurs à éviter, tout en reliant ces éléments à des situations concrètes vécues dans l’entreprise. Sans cette contextualisation, les consignes restent abstraites et peu applicables.
Absence de formation pratique à l’utilisation des extincteurs
L’un des manquements les plus courants concerne l’utilisation des extincteurs. Beaucoup de collaborateurs savent qu’ils existent, mais ignorent quand et comment les utiliser. Cette méconnaissance entraîne soit une non-utilisation par peur de mal faire, soit une utilisation dangereuse sur un feu inadapté.
Une formation pratique incendie permet de comprendre les limites d’intervention, d’identifier les types de feux (solides, liquides, électriques) et de savoir quand privilégier l’évacuation incendie plutôt que l’extinction. Cette approche réduit considérablement les erreurs et protège à la fois les personnes et l’organisation.
Mal gérer l’évacuation lors d’un incendie
Ne pas déclencher l’alarme ou hésiter trop longtemps
L’hésitation est l’une des erreurs les plus critiques lors d’un incendie en entreprise. Par peur de déclencher une fausse alerte ou de perturber l’activité, certains collaborateurs tardent à actionner l’alarme incendie. Ce délai permet au feu et surtout aux fumées toxiques de se propager, réduisant drastiquement le temps disponible pour évacuer en sécurité.
Déclencher l’alarme rapidement est un réflexe prioritaire. Une alerte précoce permet une évacuation plus fluide, limite la panique et facilite l’intervention des secours. En cas de doute, il vaut toujours mieux alerter que d’attendre une confirmation.
Vouloir terminer une tâche avant d’évacuer
Beaucoup de personnes cherchent à finir un appel, sauvegarder un fichier ou sécuriser du matériel avant de quitter les lieux. Ce comportement, fréquent en milieu professionnel, est extrêmement dangereux. Chaque seconde perdue augmente l’exposition aux risques liés à la chaleur et à la fumée.
Lors d’un sinistre incendie, la priorité absolue est la protection des personnes, jamais la continuité de l’activité. Une évacuation immédiate permet de préserver les vies humaines et d’éviter des situations de blocage dans les circulations ou les escaliers.
Revenir en arrière pour récupérer des effets personnels
Retourner à son poste pour prendre un sac, un téléphone ou des documents est une erreur classique. Ce comportement expose directement à des zones déjà enfumées ou devenues dangereuses en quelques instants.
Les consignes de sécurité incendie doivent être claires sur ce point. Aucun objet ne justifie de mettre sa vie en danger. Une évacuation réussie repose sur la simplicité des messages et sur leur répétition lors des formations et exercices.
Mauvaise connaissance des issues de secours et des points de rassemblement
Ignorer l’emplacement des issues de secours ou du point de rassemblement complique fortement l’évacuation. Certains collaborateurs suivent la foule sans savoir où aller, d’autres se dispersent à l’extérieur, rendant le comptage des personnes impossible.
Une évacuation incendie efficace suppose que chacun connaisse les cheminements à emprunter et l’endroit où se regrouper. Cette connaissance ne peut pas être improvisée le jour de l’incident. Elle doit être intégrée par des rappels réguliers, une signalisation claire et des exercices adaptés à la configuration réelle des locaux.
Sous-estimer l’importance des exercices d’évacuation
Ne jamais tester les procédures en conditions réelles
De nombreuses entreprises disposent de procédures d’évacuation incendie parfaitement rédigées, mais jamais mises en pratique. Cette absence de test crée un faux sentiment de sécurité. Le jour où un incendie survient réellement, les collaborateurs découvrent les consignes dans l’urgence, sans repères concrets.
Un exercice d’évacuation permet de confronter la théorie à la réalité du terrain. Il révèle souvent des dysfonctionnements invisibles sur le papier, comme des cheminements encombrés, des portes verrouillées ou des temps d’évacuation plus longs que prévu.
Exercices trop rares ou mal organisés
Réaliser un exercice tous les trois ou quatre ans n’est pas suffisant pour ancrer les bons réflexes. Les équipes changent, les locaux évoluent et les habitudes se perdent rapidement. Des exercices trop espacés limitent fortement leur efficacité.
Un exercice mal préparé, sans explication préalable ni encadrement, peut aussi générer de la confusion ou de l’incompréhension. Pour être utile, l’exercice doit être structuré, adapté à l’entreprise et cohérent avec les risques réels identifiés.
Absence de retour d’expérience après les exercices
L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à ne tirer aucun enseignement des exercices réalisés. Sans analyse des comportements observés, des temps d’évacuation ou des difficultés rencontrées, les mêmes erreurs se répètent.
Un retour d’expérience permet d’améliorer en continu l’organisation interne. Il aide les responsables sécurité et RH à ajuster les consignes, renforcer certains messages et corriger les points faibles avant qu’un incendie réel ne survienne.
Avoir des équipements conformes mais mal utilisés
Extincteurs inaccessibles ou mal identifiés
Dans de nombreuses entreprises, les extincteurs sont bien présents mais mal positionnés, partiellement cachés ou difficiles d’accès. Lors d’un incendie, ces obstacles font perdre un temps précieux et découragent toute tentative d’intervention rapide.
Un extincteur doit être visible, accessible et clairement signalé. S’il est placé derrière une porte, encombré par du mobilier ou mal identifié, il devient inutile en situation d’urgence. Cette erreur est d’autant plus critique que les premières secondes peuvent suffire à maîtriser un départ de feu limité.
Signalisation incendie peu visible ou non comprise
La signalisation de sécurité incendie est souvent considérée comme acquise. Pourtant, des pictogrammes mal positionnés, trop discrets ou mal compris créent de la confusion lors d’une évacuation. Sous stress, un collaborateur ne prend pas le temps d’interpréter une information ambiguë.
Une signalisation efficace doit être simple, cohérente et immédiatement lisible, même en cas de faible visibilité. Elle doit guider naturellement vers les issues de secours sans nécessiter de réflexion supplémentaire.
Plans d’évacuation obsolètes ou ignorés
Des plans d’évacuation non mis à jour représentent un risque majeur. Des travaux, des changements d’aménagement ou de nouvelles équipes peuvent rendre ces documents obsolètes sans que personne ne s’en rende compte.
Même lorsqu’ils sont à jour, les plans sont parfois ignorés par les collaborateurs, faute d’explications ou de rappels réguliers. Un plan d’évacuation n’est utile que s’il est connu, compris et intégré dans les habitudes de l’entreprise, notamment par le biais de formations et d’exercices réguliers.
Manque de coordination interne en cas d’incendie
Rôles et responsabilités mal définis
Lors d’un incendie en entreprise, l’absence de répartition claire des rôles crée rapidement du désordre. Personne ne sait qui doit déclencher l’alarme, guider l’évacuation, vérifier les locaux ou communiquer avec les secours. Cette incertitude ralentit les décisions et augmente le risque d’erreurs critiques.
Chaque entreprise doit définir à l’avance une organisation d’urgence, avec des responsabilités précises et connues. Sans cette clarification, même des collaborateurs bien intentionnés peuvent agir de manière contradictoire ou inefficace.
Communication inefficace entre RH, sécurité et management
Une autre erreur fréquente concerne la mauvaise coordination entre les différents services. Les responsables RH, sécurité et le management ne partagent pas toujours les mêmes informations ou priorités en situation d’urgence. Cela peut conduire à des consignes floues, incomplètes ou mal relayées aux équipes.
Une communication claire et anticipée est essentielle pour éviter les incompréhensions. Les messages doivent être simples, cohérents et alignés entre tous les acteurs impliqués, afin que chacun sache quoi faire sans attendre de validation supplémentaire.
Décisions contradictoires pendant l’urgence
En l’absence de procédures partagées, certaines décisions prises dans l’urgence peuvent se contredire. Par exemple, demander à certains collaborateurs d’évacuer pendant que d’autres sont invités à rester en place, ou tenter de maintenir une activité partielle malgré un risque avéré.
Ces incohérences génèrent de la confusion et renforcent la panique. Une prévention incendie efficace repose sur des décisions anticipées, validées en amont et applicables immédiatement. En situation de crise, il ne doit pas y avoir de débat, seulement des actions claires et coordonnées.
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Comment éviter ces erreurs grâce à une vraie prévention incendie
Mettre en place une organisation claire et testée
Éviter les erreurs lors d’un incendie passe avant tout par une organisation d’urgence structurée. Les rôles doivent être clairement définis, formalisés et connus de tous. Qui déclenche l’alarme, qui coordonne l’évacuation, qui vérifie les zones sensibles, qui communique avec les secours. Ces questions doivent avoir des réponses précises avant tout incident.
Cette organisation ne doit pas rester théorique. Elle doit être testée régulièrement à travers des exercices réalistes, adaptés à la configuration des locaux et aux effectifs présents. Tester permet d’identifier les points faibles et d’ajuster les procédures avant qu’un incendie réel ne révèle ces lacunes.
Former régulièrement et de manière pratique les collaborateurs
La formation incendie en entreprise est l’un des leviers les plus efficaces pour réduire les erreurs humaines. Elle doit être régulière, adaptée aux risques spécifiques de l’activité et orientée vers la pratique. Former une seule fois lors de l’arrivée dans l’entreprise n’est pas suffisant.
Les collaborateurs doivent savoir reconnaître un départ de feu, comprendre leurs limites d’intervention, utiliser un extincteur en toute sécurité et adopter les bons réflexes d’évacuation incendie. La répétition des messages et des gestes permet de transformer les consignes en automatismes, même sous stress.
Intégrer la sécurité incendie dans la culture d’entreprise
Une prévention efficace ne repose pas uniquement sur des équipements ou des documents. Elle s’inscrit dans une culture d’entreprise où la sécurité est considérée comme une responsabilité partagée. Lorsque les collaborateurs comprennent les enjeux humains et organisationnels, ils adhèrent plus facilement aux consignes.
Intégrer la sécurité incendie au quotidien, c’est rappeler régulièrement les bonnes pratiques, valoriser les comportements responsables et impliquer les responsables sécurité et RH dans une démarche continue. Cette approche réduit durablement les erreurs et renforce la protection des personnes comme de l’entreprise.



